Préraphaélisme—Itinéraires féminins
En 1848, un groupe d’artistes britanniques, les Préraphaélites, rompent avec les codes de l’Angleterre victorienne et dénoncent un art qu’ils jugent corrompu depuis Raphaël. Leur rejet de l’art académique et leur quête de sincérité, parfois jugée naïve, suscite des débats passionnés.
Longtemps, l’histoire des Préraphaélites s’est écrite au masculin autour de ses héros John Everett Millais, William Holman Hunt et Dante Gabriel Rossetti. Or la recherche récente révèle le rôle central et continu des femmes au sein de la confrérie. L’exposition se propose de retracer la façon dont ces artistes femmes se sont emparées du mouvement, alors que la condition féminine en Grande-Bretagne est en pleine mutation.
Plus de cent œuvres, souvent inédites, célèbrent ainsi des artistes reconnues, telles que Julia Margaret Cameron, Evelyn de Morgan, Marie Spartali Stillman et révèlent des femmes oubliées, toutes réunies autour de thématiques communes : l’enfance, la nature, le sentiment religieux ou le folklore anglais. Des origines fondatrices à l’essor des années 1860, de la réinterprétation par Burne-Jones et Rossetti jusqu’aux prolongements du mouvement Arts and Crafts et du néopréraphaélisme, l’exposition parcourt l’évolution du style préraphaélite de 1850 à 1914.
La Piscine, à travers l’exposition Préraphaélisme – Itinéraires féminins, réaffirme son engagement à rétablir le rôle des femmes dans l’histoire de l’art et renoue avec sa tradition britannique, illustrée notamment par l’exposition William Morris : L’art dans tout (2022). Pluridisciplinaires, pratiquant non seulement la peinture mais aussi les arts textiles ou la céramique, les Préraphaélites ont toute leur place à La Piscine.
Commissariat
Pamela Gerrish Nunn, historienne de l’art
Cette exposition a été conçue en étroite collaboration avec la Fondation Mapfre, Madrid, où elle sera visible du 22 septembre 2026 au 11 janvier 2027.

AUTOUR DE L’EXPOSITION
Légendes : Emma Sandys, Pleasant Dreams, 1876. Huile sur toile. Dundee University Museum
Emily Hunt, Jealous Jessie, 1861. Aquarelle avec crayon et gouache. Maas Gallery, London