La Céramique
Luc-Olivier MERSON (1846-1920)
1888
Carton de tapisserie
Huile sur toile
H. 341,2 (gauche) - 340,5 (droite) x L. 87,4 cm
P. 3,7 cm
Dépôt de l'Etat au Musée de Roubaix en 1897 (Inv. : 6095-94-80)
La céramique est composée selon le même modèle avec quelques nuances comme un léger décor floral stylisé en haut de l’aplat bleu et des volutes plus complexes sous les pieds du personnage. Le vêtement de la femme est composé également avec une robe, ici blanche, recouverte partiellement par un drapé, ici vieil or, d’où sortent les bras. Dans la main droite, le personnage tient un stylet, dans la gauche elle présente un vase de forme et de couleurs antiques qu’elle regarde avec attention.
D’abord formé aux Arts Décoratifs avant d’intégrer l’Ecole des Beaux-Arts, Luc-Olivier Merson est une figure importante de l’académisme triomphant sous la troisième république. Sa carrière, ponctuée de commandes et de récompenses officielles, suivit le Grand Prix de Rome obtenu en 1869. La qualité de son dessin, fondamental dans ses convictions esthétiques, associée à une gamme colorée très subtile et assez osée, sont les marques essentielles de son style.
Les deux compositions allégoriques du musée sont des cartons destinés à une réalisation en mosaïque par les ateliers spécialisés de la Manufacture de Sèvres. Ces traductions architecturales étaient destinées à la décoration d’une porte monumentale, conçue par l’architecte Paul Sédille pour le pavillon des Manufactures nationales de l’Exposition Universelle de Paris en 1889 pour laquelle Merson obtint une médaille d’or.
Elles étaient placées sur les piliers très massifs de ce portique éclectique, de part et d’autre du passage central : à gauche la tapisserie, à droite la céramique. Dans les mosaïques, le fond uni semble avoir été éclairci par rapport aux modèles et des oiseaux en vol furent ajoutés au-dessus des personnages.
Entre 1889 et 1891, ces cartons furent repris par la Manufacture des Gobelins pour être tissés en tapisserie.