La princesse de Bengale   - Lord Edwin Weeks (1849 - 1903) - 1899
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La princesse de Bengale
Lord Edwin Weeks (1849 - 1903)
1899

Le tableau est grand, de format horizontal et il a gardé son cadre original à décor oriental. Sur la terrasse ombragée d’un vaste palais de marbre blanc, deux personnages discutent. De dos, assis sur le sol, le bras gauche plié sur la rambarde toute ajourée du balcon, un homme est vêtu d’une longue tunique orangée. Il est coiffé d’un turban blanc. Face à lui, une jeune femme, dans une robe multicolore, est allongée sur un lit fait d’un  plateau pris dans des pieds fins surmontés d’une forme ovoïde. Seuls les pieds et les bras de la jeune fille, avec leurs bracelets, émergent du costume. La tête est couverte d’un voile qui laisse quand même apparaître le visage et de nombreux bijoux. Deux souliers sont rangés parallèlement sous le lit de repos. La jeune femme a posé sa tête sur un coussin sur lequel elle a replié et joint ses deux bras. Le sol est fait de dalles blanches et la perspective à droite, faite de moucharabiehs, de clochetons et de colonnades, est de la même couleur étincelante. A gauche de la composition, une palmeraie touffue est traitée avec des effets d’irisations que viennent à peine transpercer quelques ouvertures sur le ciel d’un bleu intense. Répétant le couple de la princesse et de son confident, deux perruches bleues sont posées sur le muret, entre terrasse et jardin.

Ce tableau plein de charme fut présenté à Paris, au Salon de 1903 où il fut vraisemblablement acquis par le négociant textile roubaisien, Henri Selosse qui le légua au musée en 1924. Il est l’œuvre d’un peintre américain qui passa la plus grande partie de sa vie en France où il était venu, en 1870, suivre l’enseignement de Gérôme et de Bonnat. Parmi les dernières œuvres de Weeks, La princesse du Bengale doit être rattachée à ses évocation du continent indien où l’artiste fit deux séjours, en 1882 et en 1892 pour répondre à une proposition du Harper’s Magazine qui souhaitait publier le récit illustré de ce périple.

L’orientalisme prend ici l’aspect d’une romance. La palette claire est empruntée à l’impressionnisme qui triomphe alors et qui est adapté à une scène de genre conventionnelle. Le traitement de la lumière est remarquable et crée une impression de chaleur et de torpeur exotiques. La place du palais qui semble ne jamais s’achever et la solitude protégée du couple aux riches costumes expriment un luxe romanesque qui est l’une des constantes de l’orientalisme dont Weeks est assurément un maître pour l’art américain du XIXème siècle.

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