Chat sur un fauteuil
Théophile-Alexandre STEINLEN (1856 - 1923)
1880
Huile sur toile
Dépôt du Musée d’Orsay en 2000.
Un chat tigré est allongé sur un fauteuil dont on voit un accoudoir et une partie du dossier en bois. Vu de l’arrière, l’animal redresse la tête et nous fixe de ses yeux mi-clos. Des taches blanches dans les oreilles, autour du nez, sur le ventre et au bout des pattes viennent rompre la régularité des rayures brunes et noires du pelage. L’attitude est celle d’un animal surpris dans son sommeil, plus curieux qu’effrayé cependant.
D’origine Suisse, Théodore Steinlen connut à Paris un vrai succès, notamment comme dessinateur de presse et comme affichiste. Pendant la première guerre mondiale, son œuvre se concentre sur le quotidien du soldat, de ses proches et de sa famille, sans jamais exalter le sentiment patriotique mais précisément pour démontrer l’absurdité de toutes les guerres. Toute l’œuvre de Steinlen- artiste très engagé- présente ce même humanisme.
Steinlen est par ailleurs, par excellence le « peintre des chats » auxquels il consacre de nombreuses œuvres – dessins, peintures, sculptures ou gravures- dont ses propres animaux sont les modèles, posant dans toutes les positions et toutes les attitudes. Cette familiarité quotidienne explique sans doute l’exceptionnelle compréhension de l’animal dont Steinlen propose de véritables portraits sans avoir recours aux traditionnelles scènes de genre- comme par exemple les Chats dans une commode de Jules Leroy, présenté sur la même cimaise ou la portée de chats modelée par Frémiet et éditée en grès par la Manufacture de Sèvres qui est dans la vitrine voisine. Ce souci de vérité et ce sens de l’observation assurent une totale vraisemblance à l’instantané fixé par l’artiste.
Il est important de se rappeler les convictions sociales de Steinlen et de les rapprocher ici de son engagement en faveur des animaux. Pour cet artiste à la forte conscience politique, la défense des hommes et des animaux- qui lui vaudra des récompenses de la SPA- et, pour tant, de l’art animalier, n’étaient qu’une seule et même mission.