Jeune femme souriante les bras levés ou Portrait d?Hélène - Edouard Pignon (1905-1993) -
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Jeune femme souriante les bras levés ou Portrait d?Hélène
Edouard Pignon (1905-1993)

Grand vase en terre cuite blanche, incisions, peinture à l’émail

Achat avec le soutien du Fonds régional pour l’acquisition des musées en 2004

Jeune femme souriante les bras levés est une céramique d’environ 50 cm de haut ; Elle représente une femme vêtue d’une robe bleue dont les lourds plis sont dessinés et gravés. Deux spirales noires  et blanches insistent sur la forme des seins. Deux anses partant du buste s’accrochent au col du vase sur lequel est dessiné un visage féminin. Dans cette partie du sommet du vase, les mains du personnage sont dessinées, sans modelage, après deux bracelets qui entourent les bras-anses. Au dessus du col de la robe, un collier aligne de gros cercles figurant probablement des perles.

Edouard Pignon, est un artiste originaire du Pas de Calais. Après un premier emploi dans la mine, il devient manœuvre dans le bâtiment et s’installe à Paris au milieu des années 1920 et s’engage rapidement dans une carrière de peintre qu’il mènera jusqu’à la fin de sa longue vie d’artiste et de militant.

De 1951 à 1954, Pignon s’installe à Vallauris où il a rejoint Picasso et où il réalise environ 200 céramiques, toutes pièces uniques, qu’il expose en février-mars 1954 à La Maison de la Pensée Française à Paris. Les céramiques de Pignon suivent le même principe de production sérielle que celui qu’adopte l’artiste pour son œuvre de peintre.

Les thèmes y sont récurrents : cueillette du jasmin, remmailleuses de filets, mineurs, hommes à l’enfant, catalanes, faunes, visages, maternités, nus féminins…souvent inspirés par la compagne de Pignon, l’écrivaine Hélène Parmelin qui est le modèle de cette céramique.

Si les plats se présentent finalement comme des tableaux, c'est-à-dire des surfaces à peindre, les vases expriment souvent l’expérience du volume que tente alors Pignon et qui aboutira, dans les années 1970 aux grandes sculptures monumentales comme Les plongeurs conçus pour l’école des beaux-arts de Marseille-Luminy en 1976. S’applique aussi ici la leçon du Louvre dont Pignon sera toujours un visiteur infatigable. En effet, comment ne pas retrouver dans ce vase anthropomorphe le souvenir des vases plastiques étrusques que Pignon a précisément dessinés dans les vitrines de la collection Campana. Ici, la forme est totalement créée par Pignon qui n’utilise pas le vocabulaire des formes traditionnelles disponibles dans les ateliers de Vallauris et ces vases-sculptures –comme le spirituel Père Brun récemment offert au musée par le fils de l’artiste- sont assurément parmi les très belles réussites de l’œuvre céramique d’Edouard Pignon. Grâce à la générosité de la fille de l’artiste, plusieurs carnets de dessins d’étude pour les céramiques sont désormais présents dans les collections de La Piscine. Cet ensemble, associé à des œuvres de Picasso, de Savin, de Dufy, de Jourdain exprime parfaitement la tentation de la céramique qui marqua de nombreux peintres au XXème siècle.

 

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